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Pollution et drainage du terrain

Drainage biothérapique du terrain

Pollutions et drainage sont des vocables « à large spectre ». Il est aisé d’y mêler toutes sortes de notions.

La pollution est toujours associée aux modifications négatives de l’environnement. Cependant, tout encombrement métabolique, cellulaire, tissulaire, psychique même, peut facilement être mis dans la catégorie des pollutions. De même la notion de drainage renvoie tout à la fois aux traitements facilitateurs qui permettent aux médicaments indiqués par la similitude d’agir plus efficacement, mais aussi à toutes sortes de drainages liquidiens, d’éliminations d’éléments considérés comme chélateurs et à impact négatif sur la santé.

A cela viennent s’associer les représentations mentales du patient. Celui-ci nous parlera de son entourage qui lui pollue la vie, aussi bien que des convictions de métaux lourds ou de toxines microbiennes dont il se sent porteur, sans que cela soit corrélé obligatoirement avec une clinique bien définissable.

Dans une époque de « dégagisme » sociétal, la population est davantage encline à voir des encombrements et des obstructions dans tous les processus vitaux, plutôt que des manques. Nous reparlerons de cela plus loin avec la vision diathésique des pollutions et du drainage.

Notre rôle ainsi est d’éviter tout à la fois l’écueil du déni retrouvé chez beaucoup de confrères classiques, et l’autre écueil du suivisme des représentations mentales d’un patient surinformé de notions anxiogènes véhiculées par les médias ou le net.

Pollution et drainage en médecine

La notion de pollution en médecine n’est pas superposable à la notion de pollution en général. Notre métier n’est pas de soigner la planète, ni même l’humanité. Notre tâche est de soigner nos patients un par un !

Les notions de couche d’ozone dégradée ou de réduction de la biodiversité nous préoccupent en tant que citoyen, mais moins en tant que professionnels de santé. Ce que nous avons sous les yeux chaque jour, ce sont des patients qui toussent sans relâche, qui grossissent sans manger spécialement trop, qui ressentent des fatigues ou des douleurs inexpliquées, qui font des malaises répétés ou des vertiges mal étiquetables et qui se plaignent d’une hypersensibilité aux objets connectés de leur environnement. Ce sont encore des patients aux déficits cognitifs ou dépressifs, souffrant de troubles abdominaux que rien de concret n’explique. Ce sont enfin des couples infertiles de plus en plus nombreux, même si le mercantilisme parfois des filières de PMA tend à surévaluer leur nombre.

La notion de drainage en homéopathie correspond à une technique et un mouvement de pensée qui se distingue de la notion intuitive de drainage qui serait une sorte de nettoyage. Le mot plus récent de « detox » correspond davantage à ce nettoyage-là qui associe des mesures alimentaires autant que des modifications du mode de vie, comme le jeûne, l’exercice physique, le recours aux plantes médicinales, les méthodes de méditation.

Cette notion de drainage ne se retrouve chez Hahnemann qu’en filigrane lorsqu’il évoque l’action de médicaments homéopathiques superficiels mais capables d’apporter une certaine amélioration.

Antoine Nebel, médecine Suisse de Lausanne, introduit le terme de drainage (en même temps que celui de canalisation qui n’est plus employé) Ce même Nebel avait établi la quatrième diathèse ou mode réactionnel de tuberculinisme et le drainage fut surtout destiné à éviter les aggravations passagères liées à l’emploi des tuberculines diluées et dynamisées.

On retrouve la notion de drainage chez bien d‘autres auteurs mais ce sera Léon Vannier qui en donnera une définition claire :

« Le drainage est l’ensemble des moyens à mettre en œuvre pour assurer l’élimination régulière des toxines qui encombrent l’organisme d’un sujet »

Ce terme de toxine semble aujourd’hui désuet, car on ne sait pas véritablement ce qu’est une toxine. Il ne s’agit pas pour nous d’une substance ou d’un élément particulier. Il faut entendre par toxine, tous les éléments ou processus qui empêchent à la fois une bonne homéostasie, une bonne adaptation et une bonne réaction aux médicaments prescrits selon la similitude.

Le drainage au sens homéopathique devient donc la technique qui permet à la fois ces trois éléments : homéostasie, adaptation et action thérapeutique.

Nous nous demandons en tapant ces lignes si le vocable abandonné d’Antoine Nebel de canalisation (ou médicament canalisateur) ne serait pas à réhabiliter. Il aurait l’avantage de bien distinguer la notion de drainage au sens homéopathique de la notion importante mais distincte de détoxification.

La première notion est ciblée sur un organe, un circuit métabolique. La seconde est globale et s’intègre dans un art de vivre.

Des végétaux en basses dilutions

Les médicaments végétaux en très basse dilution furent les premiers draineurs de la méthode. Ainsi Taraxacum draine foie et vésicule biliaire et élimination rénale. Carduus marianus le lobe gauche du foie et la rate, Berberis le rein, etc. Il convient de les utiliser en 6DH ou 8DH (ou encore 3CH ou 4CH) soit sous forme sèche de granules quotidiens, soit sous forme liquide de 20 gouttes par jour dans un demi verre d’eau, dès lors qu’aucune contre-indication à une forme titrée en alcool n’est présente (abstinents, femmes enceinte ou allaitantes, enfants)


La notion de drainage s’étendra sous l’influence de Max Tetau, Claude Bergeret, Othon André Julian, Henri Lernout, à celle de drainage biothérapique par l’emploi de médicaments issus d’autres règnes et d’autres parties de la plante pour le végétal. Ces médicaments reposent alors non pas sur une expérimentation pathogénétique, mais une action d’analogie de tropisme et de métabolisme ; de stimulation des processus d’élimination.

Ces médicaments apparus dans les années 70 et 80 appartiennent à quatre règnes : végétal, animal, minéral et mycélien.

Les médicaments végétaux embryonnaires

Le règne végétal est à l’origine de la notion de drainage chez Nebel et Vannier. Cela est logique car la plante a toujours une action extrêmement systémique et mets en relation les éléments les uns avec les autres. C’est ainsi que les médicaments végétaux ont toujours en homéopathie des signes mentaux en rapport avec la socialité. Si Natrum muriaticum est sociophobe, c’est par besoin de protection de sa structure et par préservation (médicament minéral). Pulsatilla au contraire a cette ambiguïté du désir de relation inhibé par une profonde timidité et une crainte d’une relation qui irait trop loin et le ou la mettrai en danger sur le plan sensuel (médicament végétal).

Cette notion de relation est à entendre au niveau même des relations entre les organes et les tissus entre eux. C’est pourquoi les médicaments végétaux sont souvent en rapport avec la circulation (artérielle, veineuse, lymphatique), avec le système hormonal (relations endocriniennes) et avec le métabolisme (relations entre organes).

Les médicaments végétaux en basse dilution vont entrainer une synergie d’élimination qui va pousser différents tissus et différents organes à optimiser l’élimination des toxines par stimulation des émonctoires que sont le foie, l’intestin, le rein, la peau, la muqueuse ciliaire respiratoire, la muqueuse ORL et la muqueuse hémorroïdaire, le tractus génito-urinaire.

L’utilisation de ces médicaments se fait toujours avec la plante parvenue à maturité, soit la plante entière (Pulsatilla, Belladonna) soit une partie (rhizome d’Hydrastis, racine d’Ipéca, fève d’Ignatia et graine de Nux vomica)

Les médicaments végétaux embryonnaires furent une petite révolution à la fois dans le domaine de la phytothérapie et dans le domaine de l’homéopathie.

Au lieu d’utiliser les végétaux adultes et matures, l’idée fut de prélever des parties embryonnaires, extrêmement riches en mitoses. Les bourgeons et jeunes pousses principalement furent choisies pour cela, mais pour certaines plantes, ce furent les écorces internes de tiges, les radicelles et même la sève (pour le bouleau en pleine montée).

Aux capacités végétales de drainage par stimulation du métabolisme, ce type de médicament ajoute la force biologique des tissus en fortes mitoses. Il en résulte une action tissulaire anabolique et régénératrice assez incroyable.

Le cassis qui agit comme un draineur rénal et un anti inflammatoire végétal devient, lorsqu’on utilise ses bourgeons, un relanceur surrénalien et un anti allergique puissant. L’églantier riche en vitamine C et anti oxydants devient avec ses jeunes pousses un anti inflammatoire et anti infectieux puissant en ORL.

Ce drainage par les médicaments végétaux embryonnaires permet non seulement de détoxifier certains tissus et circuits métaboliques, mais d’avoir une action de régénération à ce niveau. Au fond, la partie la plus jeune, la plus embryonnaire de la plante vient au secours de la partie vieillie et dégradée du tissu humain.

Dans le domaine des pollutions, un certain nombre de ces médicaments vont être d’une aide précieuse et fiable.

Ils s’utilisent classiquement en 1DH de macérat glycériné, ce qui les place fans le domaine homéopathique, mais à dose encore pondérale.

Désormais, nous préconisons leur emploi plutôt aux dilutions 4DH et 6DH. D’ailleurs les phytothérapeutes qui font la promotion de ces végétaux les préconisent en macérats mères, ce qui permet de bien distinguer les deux approches toutes deux respectables. Cependant l’usage des bourgeons et autres végétaux embryonnaires non dilués et dynamisés posent le problème des réactions possibles, surtout allergiques, de ces produits riches en médiateurs de croissance. L’utilisation en dilutions homéopathiques n’a pas cet inconvénient et la dynamisation confère une capacité énergétique biologique plus intéressante

Ces médicaments sont au nombre de 32 dans la nomenclature actuelle et sont disponibles en 1DH, 4DH et 6DH, à l’exception de Sequoia gigantea qui n’est plus disponible en 1DH mais uniquement en 4DH et 6DH.


Les médicaments organiques

Il s’agit de médicaments fabriqués par dilution et dynamisation d’organes ou de tissus prélevés sur un animal (le lapin en général) et qui agissent par similitude d’organe et non pas par similitude d’espèce.

Les médicaments Sepia et Vipera agissent par similitude de l’action de l’encre de seiche et du venin de vipère. Lorsqu’on utilisera Thyroïdea ou Hepatine, on activera une similitude d’un tissu thyroïdien ou d’un tissu hépatique sur l’organisme du patient, indépendamment de l’animal sur lequel ces tissus seront prélevés.

S’agissant du domaine des pollutions, c’est surtout sur le plan endocrinien et neuro psychique que ces médicaments organiques auront tout leur intérêt. On les utilisera en 8DH dès lors que l’on souhaite exercer une stimulation (ce qui est logique en terme de drainage), sous forme de granules ou de gouttes.

Parfois il pourra paraitre opportun de faire appel à une dilution haute dans un but de freination (drainage indirect par freinage des processus inhibant). Pour exemple, il est logique de prescrire Serotoninum 8DH dans une dépression, mais la dilution régulatrice 14DH sera davantage indiquée dans les migraines. Il est logique de prescrire Luteinum 8DH (dilution de corps jaune) dans un syndrome prémenstruel pour stimuler l’axe progesteronique, mais on y associera Folliculinum 15CH ou 30CH, pour freiner l’hyper-œstrogènie relative.


Les médicaments lithiques

Ils sont issus de roches prélevées dans leur milieu naturel. Ils représentent donc une catégorie particulière des médicaments d’origine minérale. Contrairement à Phosphorus, Arsenicum album ou Sulfur qui sont des minéraux élémentaires assez purs, au contraire des médicaments complexes mais non naturels tels que Causticum ou Mercurius solubilis, ce sont des roches, c’est-à-dire des assemblages minéraux que la nature nous a légué sans transformation humaine.

Je compare leur composition à celle de la plante qui ne se résume pas à ses actifs, mais représente un totum d’une myriade d’actifs.

Lépidolite est un minerai de lithium mais contient de l’aluminium, de la silice, du fluor et un grand nombre d’autres éléments en proportions variables. Pyrolusite est un oxyde de manganèse mais contient des métaux lourds et du phosphore, ce qui change tout quant à son action.

Ces médicaments s’utilisent en 8DH, sous forme granules ou gouttes, car c’est à cette échelle que s’effectue leur action de déchélation.

La déchélation est le processus thérapeutique par lequel ces médicaments vont agir sur les tissus de l’organisme afin qu’ils libèrent des éléments libéraux chélatés. Nos tissus renferment un grand nombre d’éléments minéraux sous forme chélatés qui eux même favorisent la chélation d’éléments non minéraux.

Pour exemple la Pyrolusite développe son action surtout dans le domaine des fatigues chroniques, des atteintes vasculaires et allergiques, car la chélation du manganèse entraine tout cela associée à la présence de phosphore. Cependant l’action déchelatrice va se manifester également au niveau des métaux lourds.

Pyrolusite sera donc un médicament de tous les états cardiovasculaires associant fatigue (surtout matinale) et déséquilibres de l’immunité dans le sens aussi bien de l’allergie que de l’auto immunité.



Les médicaments mycéliens

Ils font l’obéit d’un article particulier de ce numéro.

Ils agissent essentiellement sur l’immunité et ses troubles, l’allergie, la dysimmunose, l’auto immunité et tous les troubles engendrés par les déséquilibres à ce niveau. Ils constituent donc une pharmacopée irremplaçable dans toutes les pathologies liées aux modifications de l’environnement qui ont désorientés à la fois notre homéostasie, mais surtout nos capacités d’adaptation, c’est-à-dire de revenir spontanément à l’homéostasie. Les modifications sont souvent tellement perturbantes qu’elles ont sidéré ces capacités. En outre et par les mêmes mécanismes, des médicaments clairement indiqués par la similitude semble agir mollement du fait d’un nombre trop important de facteurs bloquants que les mycétes dilués et dynamisés vont pouvoir mobiliser et libérer.


Des situations cliniques

Le drainage homéopathique a ses indications dans des domaines multiples. En ce qui concerne le sujet des pollutions et des manifestations cliniques liée aux dégradations de l’environnement, quelques protocoles peuvent être proposés. L’étude plus approfondie de ces grands médicaments permettra de dépasser ceux-ci et de faire sa propre expérience.

Pollution respiratoire

Toux chronique

Aesculus hippocastanum bourgeons 4DH

Corylus avellana bourgeons 1DH

Ribes nigrum bourgeons 4DH

Pulmine 8DH

Stibine 8DH

Trachyte 8DH

Aspergillus bronchialis 8DH

Troubles sinusiens répétés

Carpinus betulus bourgeons 1DH

Ribes nigrum bourgeons 4DH

Rosa canina jeunes pousses 4DH

Muqueuse sinusale 8DH

Chromite 4CH

Aspergillus bronchialis 8DH

Penicillium notatum 8DH

Catarrhe tubaire chronicisé

Rosa canina jeunes pousses 4DH

Muqueuse nasale 8DH

Soufre natif 8DH

Monilia albicans 8DH

Aspergillus bronchialis 8DH

Penicillium notatum 8DH

Perturbations endocriniennes

Thyroïdites

Ribes nigrum bourgeons 4DH

Rosmarinus officinalis jeunes pousses 4DH

Hypophysine 8DH

Graphites 8DH

Iodargyrite 8DH

Fatigues inexpliquées

Betula pubescens bourgeons 1DH

Ribes nigrum bourgeons 4DH

Sequoia gigantea bourgeons 4DH

Thyroidea 8DH

Surrenine 8DH

Diopside 8DH

Monilia albicans 8DH

Aleurisma lugdunense 8DH

NASH et stéatoses non alcooliques

Juniperus communis jeunes pousses 1DH

Rosmarinus officinalis jeunes pousses 1DH

Hepatine 8DH

Lazulite 8DH

Cladosporium metanigrum 8DH

Hypofertilités

Betula pubescens chatons 1DH

Ribes nigrum bourgeons 6DH

Orchitinum 8DH ou Ovarinum 8DH

Hypophysine 8DH

Blende 8DH

Fluorite 8DH

Monilia albicans 8DH

Prises de poids inexpliquées

Fagus sylvatica bourgeons 1DH

Juglans regia bourgeons 1DH

Thyroidea 8DH

Axe cortico hypothalamique 8DH

Monilial albicans 8DH

Aleurisma lugdunense 8DH

Douleurs fibromyalgiques ou inexpliquées

Abies pectinata bourgeons 1DH

Ampélopsis weitchii jeunes pousses 1DH

Thalamus 8DH

Axe cortico hypothalamique 8DH

Azurite 8DH

Calchopyrite aurifére 8DH

Monilia albicans 14DH

Colopathies fonctionnelles

Colon irritable

Acer campestris bourgeons 1DH

Tilia tomentosa bourgeons 4DH

Colon 8DH

Axe cortico hypothalamique 8DH

Grès rose 8DH

Lépidolite 8DH

Monilia albicans 8DH

Fusarium oxysporum 8DH

Hyperperméabilité intestinale

Ficus carica bourgeons 4DH

Rosmarinus off jeunes pousses 4DH

Muqueuse intestinale 8DH

Serotoninum 14DH

Betafite 8DH

Lépidolite 8DH

Monilia albicans 8DH

Aleurisma lugdunense 8DH

Fusarium oxysporum 8DH

Hypersensibilité aux REM

Alnus incana bourgeons 1DH

Diencéphale 8DH

Hypothalamus 8DH

Diopside 8DH

Aleurisma lugdunense 8DH

Axe neuropsychique

Déficits cognitifs précoces

Alnus incana bourgeons 1DH

Ficus carica bourgeons 1DH

Cerebrinum 8DH

Lobe frontal 8DH

Adulaire 8DH

Barytine 8DH

Dépression

Ficus carica bourgeons 1DH

Serotoninum 8DH

Dopamine 4CH

Dolomite 8DH

Glauconie 8DH

Lépidolite 8DH (si inhibé)

Tourmaline lithique 8DH (si excité)

Drainage des métaux lourds

Ribes nigrum bourgeons 6DH

Alnus incana bourgeons 1DH

Hepatine 8DH

Renine 8DH

Adulaire 8DH (aluminium)

Cinabre 4CH (mercure)

Galéne 8DH (plomb)

Garnierite 8DH (nickel)

Rhodonite 8DH (manganese)



[1]Voir pour cela : drainage biothérapique en homéopathie, les médicaments organiques Dr Max Tetau et Dr Daniel Scimeca, ed de la FFSH

[2]Voir l’ouvrage : les médicaments lithiques, Daniel Scimeca et Max Tetau, ed Similia


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